LA SECAS PUBLICATIONS ARA-HYACINTHE
Parrainer un animal...C'est participer à la sauvegarde des espèces. Parrainer un animal...C'est participer à la sauvegarde des espèces. Parrainer un animal...C'est participer à la sauvegarde des espèces.

 

LA MÉNAGERIE ACCUEILLE UNE NOUVELLE ESPÈCE EN DANGER


L’ Ara hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus)

 

Les parcs zoologiques étaient autrefois des lieux de présentation au public d’animaux d’espèces extraordinaires, c'est-à-dire sortant de l’ordinaire. Ils sont aujourd’hui, de plus en plus et par la force des choses, des conservatoires d’espèces menacées de disparition dans leurs milieux d’origine. La Ménagerie du Jardin des Plantes, établissement public, est totalement engagée dans ce processus de conservation.

Géraldine POTHET, Assistante de Conservation des Collections, nous présente la nouvelle recrue. JPM.

 

Après trois ans sur liste d’attente du programme d’élevage européen, EEP, le coordinateur de l’espèce a recommandé que la Ménagerie reçoive un couple d’ara hyacinthe.

Le mâle, nommé Indigo, en provenance du zoo d’Anvers, est arrivé le 23 mars 2009. Il est né le 13 mai 2008. Pour le moment il attend sa femelle, née également en 2008, qui doit arriver du zoo de Berlin très prochainement.

L’espèce fait partie des Psittaciformes,   Psittacidae.

Ara Indigo

Il s’agit du plus grand des aras, il peut atteindre un mètre de longueur, du bec au bout de la queue, et peut vivre jusqu’à 60 ans.

Son plumage est bleu-cobalt, avec une zone nue, jaune, autour de l'œil et de la mandibule. Il mange des noix diverses comme celles du Brésil ou de palme, des cacahuètes, des fruits frais et de la verdure. La période de reproduction dans nos régions débute courant mai, elle est signalée par une augmentation de l’agressivité et de la nervosité du couple à cette période. La ponte compte le plus souvent deux œufs (mais fréquemment un seul est fécondé), rarement un ou trois. L'incubation dure de 26 à 28 jours. Le jeune quitte le nid vers 14 semaines.

L’espèce est présente dans trois régions du Brésil, à l’est de la Bolivie (Santa Cruz), et au Paraguay. Tout au long des années 80, elle a souffert d’un déclin important avec environ 10 000 oiseaux illégalement capturés pour le commerce des animaux de compa-gnie. De plus, la destruction de son habitat ainsi que la chasse ont causé une réduction importante du nombre d’individus. La majorité de la population est maintenant située dans le Pantanal, (immense zone inondable du bassin du Rio Paraguay, principalement située dans les états brésiliens du Mato Grosso et Mato Grosso Do Sul, et empiétant sur les territoires bolivien et paraguayen) où depuis 1990 l’espèce a montré les signes d'un rétablissement et augmenté son aire de répartition, probablement en réponse aux projets de conservation. Les populations dans l’est de l’Amazonie et le Gerais (Minas Gerais, état côtier du Brésil) ont continué à diminuer, de 1500 individus environ en 1986 à 1000 en 2003. La population totale a été estimée à 6 500 individus en 2003, dont 5 000 dans le Pantanal et environ 200 en Bolivie.

On trouve l’ara hyacinthe dans les plaines cultivées et la savane en bordure de la forêt tropicale dans l’est de l’Amazonie, dans les palmeraies de Gerais et dans le Pantanal. La nidification, dans son milieu originel, a lieu de juillet à décembre dans de larges cavités d’arbres (dans le Pantanal) et sur des falaises (dans le nord-est de son aire de répartition).

En ce qui concerne le commerce illégal, sur les 10 000 oiseaux pris dans le milieu naturel dans les années 80, 50% étaient destinés au marché brésilien. En 1983-1984, plus de 2500 oiseaux ont été expédiés à partir de Bahía Negra, port fluvial paraguayen au confluent des frontières brésilienne, bolivienne et paraguayenne, avec 600 individus en plus vers la fin des années 80. Bien que les effectifs exportés soient maintenant beaucoup plus réduits, le commerce illégal continue, par exemple dix oiseaux sont passés sur le marché d’animaux de compagnie à Santa Cruz, en Bolivie, entre août 2004 et juillet 2005, les oiseaux étaient vendus pour 1000 dollars US et destinés au Pérou. L’ara hyacinthe est aussi chassé localement pour la nourriture et les plumes.

En Amazonie, on observe une perte de l’habitat pour favoriser l’élevage du bétail et les usines hydroélectriques sur les fleuves Tocantins et Xingu. Dans le Pantanal, seulement 5% des arbres de l’espèce Sterculia apetala ont des cavités appropriées pour leur nidification. Les jeunes arbres sont consommés par le bétail ou brûlés par les feux fréquents. Le Gerais a été rapidement converti en zone agricole, fermes d’élevage pour les animaux domestiques et plantations d’arbres exotiques pour le bois.

Au Pentanal

La Convention de Washington qui régule le commerce international de la faune et de la flore, a classé l’ara hyacinthe en Annexe I, car tout commerce met en péril l’espèce. Les gouvernements brésilien et bolivien protègent et empêchent tout export des oiseaux. Plusieurs actions de conservation ont été mises en place. Dans le Pantanal, au refuge écologique Caïman, le projet est d’utiliser des nids artificiels, d’améliorer les techniques de gestion des jeunes et de sensibiliser les fermiers à la protection de ces oiseaux.

Ce perroquet est relativement rare en captivité, il garde une valeur commerciale très marquée surtout chez les éleveurs privés. Il devient aussi très rare dans son milieu naturel : la population actuelle ne dépasserait pas les 4 000 individus. Il fait l’objet de programmes d’élevage dans les parcs zoologiques. L’espèce est classée « en danger » sur la liste rouge de l’UICN. La population sauvage a diminué très rapidement dans le passé, et malheureu-sement le commerce illégal et la destruc-tion de son habitat sont encore d’actualité.

 

Article rédigé par G.POTHET  et paru dans LA LETTRE DE LA SECAS N°58 de JUILLET 2009

 
Nous avons 3 invités en ligne
RECHERCHE
Recevoir l'actualité